Téléchargez « Pratiquer la philosophie à l’école »

Les éditions Nathan n’ont pas souhaité réimprimer mon ouvrage « Pratiquer la philosophie à l’école, 15 débats pour les enfants du cycle 2 au collège ».

Il est donc actuellement épuisé.

Pour répondre à la demande de nombreux enseignants, j’ai décidé de le mettre gratuitement à la disposition de tous ceux qui souhaiteraient s’en servir comme outil pédagogique pour se lancer dans la discussion à visée philosophique.
Vous pouvez le télécharger en cliquant sur le lien ci-dessous.

Galichet_Pratiquer la philosophie à l’école

Si vous avez des questions ou des réflexions liées à votre mise en pratique des fiches, je vous répondrai volontiers.

Si vous souhaitez être aidé(e) ou avoir des conseils pour animer un débat philo avec des enfants, rendez-vous sur ce site à la page :

http://philogalichet.fr/philosopher-en-classe-ou-en-famille/

Par ailleurs, je signale que j’ai publié chez Belin, à la demande de l’UNICEF, un ouvrage conçu sur le même plan (fiches en 4 parties : enjeux du thème, objectifs du débat, gestion du débat, prolongements possibles).

Le thème général est : « Les droits de l’enfant ».

Les 10 fiches portent sur les sujets suivants : 1.- Qu’est-ce qu’un enfant? – 2.- Les enfants ont-ils des droits ? – 3.- Qu’est-ce qu’une famille ? – 4.- A quoi sert l’école ? – 5.- Qu’est-ce que grandir ? – 6.- Garçons et filles sont-ils égaux? – 7.- Qu’est-ce que penser ? – 8.- Les adultes ont-ils toujours raison ? – 9.- Que signifie « être exploité »? – 10.- Qui suis-je ?

Comme on le voit, beaucoup de ces sujets entrent dans le cadre de l’Enseignement moral et civique tel que défini par les récentes directives ministérielles.

L’originalité de ces fiches est que chacune d’elle est accompagnée de quatre à cinq « posters » (photos en couleurs grand format) qui constituent une possible entrée en matière dans le sujet, par le biais du « photolangage » : on demande à chaque élève de choisir l’image qui lui semble le mieux exprimer sa conception du sujet, puis de justifier son choix.
Cela facilite considérablement, pour l’enseignant, le démarrage du débat !

On peut commander l’ouvrage en cliquant sur le lien ci-dessous :

http://www.editions-belin.com/ewb_pages/f/fiche-article-les-petits-debats-philo-5212.php?

 

35 réflexions au sujet de « Téléchargez « Pratiquer la philosophie à l’école » »

    • Je suis très touché par toutes ces marques d’intérêt pour une pratique à laquelle nous croyons tous !
      Il est vrai que les fiches de mon livre sont faites plutôt pour le cycle 2 et au-delà.
      Pour la maternelle et le cycle 1, je vous conseille l’ouvrage suivant :

      PETTIER J-C.., DOGLIANI P., DUFLOCQ I. (2010). Un projet pour… philosopher en maternelle. Paris : Delagrave, 2010 (coll. « Guides de poche de l’enseignant »)

      J’ai moi-même animé des débats en maternelle : c’est souvent passionnant !
      Je serais heureux d’être tenu au courant de vos expériences en classe.

    • Bonjour,
      J’ai fait des essais sur plusieurs ordinateurs et je suis parvenu à télécharger le fichier. Apparemment, d’autres y parviennent également (cf message ci-dessous).
      Si vous avez du mal à télécharger le document, envoyez-moi votre adresse e-mail par le formulaire de contact et je vous l’adresserai directement par mail.

  1. Ca y est c’est téléchargé! Un grand merci pour ce beau travail et pour la mise en accès d’un document épuisé; Bonne journée ensoleillée!

  2. Merci beaucoup pour ce partage
    Les cours de philo sont loin pour moi et votre livre tombe à pic pour un projet de philo en grande section . J’ai noté les références que vous avez données. Les vacances seront philosophiques!

  3. Bonjour M. Galichet, et tout d’abord un vif remerciement pour cette initiative si généreuse.
    Professeur de philosophie, je forme chaque année des étudiant-e-s et des stagiaires à la pratique des débats philosophiques en classe, et « Pratiquer la philosophie à l’école » est l’un des quelques livres que je demande impérativement depuis sa parution aux futur-e-s enseignant-e-s de se procurer, afin de travailler en amont une préparation des débats souvent délicate. C’est ce qui rend à mes yeux parfaitement incompréhensible la décision des éditions Nathan. Et d’autant plus incompréhensible commercialement que les nouveaux programmes d’enseignement moral et civique vont requérir des professeurs dès la rentrée 2015 cette formation aux débats philosophiques !
    Merci donc de continuer par ce blog à rendre la philosophie populaire…

    • Merci de votre contribution !
      En fait, Nathan avait pris sa décision il y a plus d’un an, donc avant les nouveaux programmes d’EMC.
      Réflexion faite, je n’en suis pas mécontent. D’une part cela permet d’élargir la diffusion de l’ouvrage, et donc, je l’espère, la pratique du débat philo à l’école.
      D’autre part, ce pourrait être une occasion de le prolonger en créant de nouvelles fiches sur d’autres sujets que les quinze traités dans le livre.
      Si donc il y a des enseignants intéressés pour élaborer ces fiches sur des sujets non encore abordés, je les invite à se signaler sur ce forum ou en me contactant par le formulaire de contact.
      Les fiches que nous élaborerions ensemble pourraient être publiées sur ce site au fur et à mesure de leur création. Elles élargiraient les ressources disponibles pour les enseignants désireux de se lancer et constitueraient une forme de mutualisation des expériences.
      Qu’en pensez-vous ?

  4. Bonsoir Monsieur Galichet,

    enseignante en cycle 3, je cherchais votre ouvrage pour le lire pendant l’été. Ma libraire locale m’ayant annoncé son indisponibilité, je me préparai à essayer de le trouver à l’IUFM départemental au moment de la rentrée. C’est en faisant d’autres recherches que j’ai trouvé votre blog et cette merveilleuse proposition de pouvoir le télécharger. Je ne peux que vous dire un énorme et sincère MERCI pour ce partage. Pratiquant le conseil coopératif et le débat réglé dans ma classe avec plus ou moins de succès selon les années, je suis sûre que je vais me régaler à vous lire.

    Ayant également un site, m’autoriseriez vous à publier un article faisant un lien vers le votre afin que d’autres collègues puissent profiter de votre ouvrage?
    Encore merci…

    Amicalement,
    Kyra

    PS: Pour ma part, aucun problème de téléchargement.

    • Je vous remercie pour votre message qui est pour moi un encouragement.
      Bien entendu, je vous autorise volontiers à faire un lien ou un article sur votre site vers la page qui vous intéresse.
      J’ai d’ailleurs été sur votre blog et je l’ai trouvé très intéressant par la diversité et la créativité des démarches pédagogiques qu’il développe.
      Je serais heureux que cette collaboration débouche sur un forum où les enseignants comme vous feraient part de leurs expériences et réflexions autour de la philosophie à l’école.
      Des groupes commencent à se constituer un peu partout en France autour de cette pratique. Il serait intéressant qu’ils puissent communiquer entre eux, échanger leurs pratiques et la replacer dans l’esprit de la pédagogie coopérative qui lui donne son sens.
      Vous dites vous-même que vous pratiquez le débat réglé dans votre classe avec “plus ou moins de succès selon les années”. Qu’est-ce qui, à votre avis, peut expliquer ces variations ?

      • Bonjour,

        les variations de « succès » que je rencontre sont liées à plusieurs facteurs.
        Je dirai d’abord qu’il faut du temps aux enfants pour adopter la pratique. Maîtresse de CM2, j’ai en charge des grands à qui l’on a rarement demandé de s’exprimer sous forme de débat. Ils ont déjà pu exprimer leur avis, sur un livre, une sortie…, mais souvent à l’écrit, ou tout simplement parce qu’on leur a demandé de répondre : »et toi, tu en penses quoi? ». Alors, le premier débat dans la classe laisse perplexe. J’oblige le groupe à se mettre en cercle, ce qui est souvent une nouveauté pour eux. Mes tables étant installées en îlots, cela n’est pas une réelle difficulté. Encore faut-il prendre l’habitude de se déplacer avec sa chaise sans faire trop de bruit, mais c’est un autre problème.
        Ensuite, parce que prendre la parole devant les autres n’est pas aisé. En cercle, tout le monde peut voir tout le monde. Gloups… Les premières séances, il peut donc souvent y avoir des anges qui passent… De plus, comme dans les autres moments de classe, il est important que chacun respecte la parole: que l’enfant la demande, qu’il écoute ceux qui parlent, qu’il accepte aussi de ne pas pouvoir parler tout de suite si le président donne la parole à quelqu’un d’autre… Cette année, je compte utiliser un micro filaire branché sur mon poste de classe. Ça servira de bâton de parole, pour que les choses soient plus concrètes.
        Autre chose, j’ai constaté l’énorme difficulté des CM2 à rebondir sur les idées pour la faire progresser. La plupart du temps, chacun veut donner son point de vue. Il est très souvent utile de recentrer le propos en intervenant pour dire: « oui, mais cette idée a déjà été donnée par X tout à l’heure. Tu es donc d’accord avec lui/elle. Mais là, reviens sur ce que Y a dit… »
        Il y a aussi d’autres facteurs qui rentrent en compte. Les « luttes de pouvoir ». Certains décident de se « ranger » du point de vue d’un copain ou d’un « leader » parce qu’il ne peut qu' »avoir raison »; et ils appuient donc le propos. Il faut du temps pour faire réellement émerger l’avis de certains enfants. Et surtout pour qu’ils acceptent de le dire. Dans l’autre sens, ceux qui ne se sentent pas concernés et qui suivent un avis sans vraiment savoir pourquoi, ou passent presque 1/2 heure à attendre sans se prononcer.
        Selon les années, le groupe classe présente également des tensions/conflits qui peuvent resurgir au moment du débat: conflit liés aux relations entre les enfants, ou conflits qui descendent des parents (a priori des enfants sur des opinions politiques ou sociales que pourraient avoir certains). Et ça dérape parfois vite en tribunal, voir aux mains… Il faut arriver, là encore, à recentrer l’activité. Sans parler qu’il faut aussi apprendre aux enfants à ne pas tourner l’autre en ridicule. « Je ne suis pas d’accord avec toi parce que… » plutôt que « c’est n’importe quoi, t’es vraiment trop nul… »
        Et au milieu de tout ce maelström, il y a aussi parfois ma frustration à constater que la discussion tourne en rond et mon indécision à intervenir pour la relancer…
        Autre chose, dans mes premières années, c’étaient les supports qui me manquaient. Je me sentaient démunies, je ne savais pas de quoi partir. Aujourd’hui, je me suis entourée de supports qui me satisfont et je me sens également plus à même de rebondir à partir de ce qui est directement réalisé en classe. Par exemple, cette année, après avoir travaillé sur le magicien d’Oz, nous avons eu plusieurs discussions à partir des personnages. Comme: « qu’est-ce qui est le plus important: avoir de l’intelligence, ou avoir du cœur? ». Ou alors: « grandir est-il une aventure? ». Les « Cartes de la fraternité » offrent aussi de bonnes occasions.
        Pour l’année prochaine, je ne doute pas que les livres des Incorruptibles nous apporteront aussi de bons départs de discussion.
        Enfin, il faut arriver, en tant qu’adulte, à trouver sa place. Pour ma part, j’essaie au maximum de déléguer la distribution de parole au président. Mais ce n’est pas toujours facile pour l’enfant. Il est également important de savoir si l’on se met dans le cercle avec les enfants, ou en dehors; et comment l’on intervient.
        Voilà, petit tour d’horizon qui explique que je n’ai pas toujours les mêmes résultats… Y’a du boulot… Mais je me régale! 😀 Avec le débat, j’ai vraiment le sentiment de faire travailler l’apprentissage de la citoyenneté: se forger une opinion, apprendre à la donner, argumenter, apprendre aussi la frustration de ne pas convaincre. Accepter que les autres n’aient pas le même avis, et le respecter…

        • Merci pour cette analyse riche et argumentée de vos difficultés à pratiquer le « débat philo » dans votre classe.
          Ce que vous dites du temps nécessaire pour installer une vraie discussion philosophique rejoint ma propre expérience. La première séance est souvent décevante, et conduit les enseignant(e)s à renoncer trop vite . C’est pourquoi je pense qu’il faut installer d’emblée l’atelier philo dans la durée, en annonçant aux enfants qu’il aura lieu régulièrement (une fois par semaine le plus souvent) durant une période déterminée – un trimestre, par exemple – et qu’à la fin de la période on décidera collectivement de sa continuation ou de son abandon.
          Pour ce qui est des moments de silence ou de l’abstention de certains élèves, ici encore les maîtres avec qui j’ai travaillé ont tenté de les surmonter par le recours à l’écrit. En faisant écrire les élèves avant ou après le débat, on facilite la production et l’expression des idées. Pendant le temps d’écriture, l’enfant a le loisir de réfléchir, il n’est pas pris par l’urgence comme dans la discussion orale. Il peut se référer à son texte, ce qui le rassure. Les textes peuvent être affichés ou réunis dans un classeur consultable par tous, ce qui assure une certaine permanence à la réflexion.
          Pour ce qui est de la difficulté des élèves à rebondir sur les idées pour les faire progresser (plutôt que de vouloir donner son point de vue même s’il est redondant ) j’ai utilisé souvent avec profit la démarche AGSAS. Elle consiste à organiser le débat en deux temps. Dans le premier (1/4h environ) chacun s’exprime librement sur la question retenue, l’enseignant ne participe pas, les interventions sont enregistrées. Dans un second temps, on réécoute l’enregistrement et chacun (y compris l’enseignant) peut lever la main pour faire une remarque sur telle ou telle intervention (on arrête l’écoute pour cela , puis on la reprend jusqu’à la remarque suivante). Cette démarche en deux temps favorise la réflexivité, puisque dans la seconde période on vise moins à donner son point de vue qu’à réagir à celui des autres. Cela favorise l’écoute, l’attention à l’autre, et donc le dialogue.
          Ce que vous dites des « luttes de pouvoir » et du poids des leaders ne m’étonne guère. Ici encore, on peut le minimiser en recourant à des techniques comme le photolangage (images à choisir pour illustrer la conception qu’on se fait d’une notion : bonheur, liberté, amour, etc.). ou le portrait chinois. En obligeant chacun à faire un choix (qu’il note par écrit) avant de les exprimer en commun, on minimise les processus d’influence. L’écriture de textes va dans le même sens : l’écrit est moins sensible aux phénomènes de « leadership » que l’oral !
          Quant à la place du maître, cela dépend évidemment du fonctionnement général de la classe. Dans celle où j’ai travaillé le plus longtemps, la présidence du débat était assurée, comme chez vous, par un élève (c’était une classe Freinet). Le maître et moi prenions place dans le cercle, et nous levions le doigt comme les autres pour prendre la parole. Mais il était convenu que si nous faisions un signe déterminé (par exemple lever les deux bras !) le président nous donnait la parole en priorité quelles que soient les demandes par ailleurs. Cela nous permettait de recadrer le débat quand il s’égarait ou de le relancer quand il languissait, sans que cela soit perçu comme trop directif (nous ne faisions usage de cette prérogative que parcimonieusement, quand cela nous semblait vraiment nécessaire). En tout cas l’utilisation du « bâton de parole » est importante : il facilite l’écoute et la clarté de la discussion.
          Il peut également être intéressant de confier à un ou deux élèves (à tour de rôle) la fonction de « synthétiseur » pour faire le point de temps en temps. Et, j’y reviens encore, de demander à tous les élèves d’écrire à la fin du débat (ou à la maison) les idées qui leur ont paru essentielles et importantes.
          Merci encore pour cette contribution qui, je l’espère, en suscitera d’autres ! Elle prouve que la pratique de la philo à l’école est riche de possibilités et d’avenir…

  5. Bonjour,

    merci pour cette longue réponse pleine de pistes…!
    Je n’avais jamais entendu parler du photolangage; pour les « petits parleurs », cela doit effectivement être une alternative très intéressante. Il faudra que j’aille me documenter là dessus.
    La démarche AGSAS doit également offrir des moments de classe très riches. Avec l’enregistreur numérique que j’ai en classe, ce doit être facile à mettre en place, et l’enregistreur peut aisément servir de bâton de parole. Je garde l’idée pour la tester!
    Pour le passage à l’écrit, je ne le fais pas suffisamment. Là aussi, j’ai encore de quoi cheminer.

    Je vous remercie très chaleureusement pour cet échange d’une grande richesse qui m’a beaucoup apporté. Je vais avoir de quoi expérimenter!

    Très belle fin de journée.

  6. Bonjour,

    Voilà un sujet qui me tente vraiment… Maintenant, je n’ai plus aucune raison de ne pas pratiquer le débat philosophique avec mes élèves…
    Mille MERCIS pour ce fantastique partage!
    Valérie

  7. Merci pour ce téléchargement ! Je cherchais des pistes pour me lancer dans le débat à portée philosophique et je suis tombée sur ce lien chez Onaya.
    JE viens de terminer la lecture de « débattre à partir des mythes » de Tozzi et me voilà ainsi un peu plus armée pour la rentrée !

  8. Bonjour,
    je suis vraiment novice dans le débat philo mais souhaite m’y lancer cette année suite aux recommandations du ministère pour pratiquer 1h d’emc par semaine. Pour le moment je n’ai lu que le premier débat sur l’amitié, mais je me pose déjà une question bête : Concernant le dilemme « Jacques est-il obligé de dénoncer son ami Yves ». Si les élèves concluent qu’étant son ami, il ne doit rien dire, doit-on orienter les réponses pour conclure qu’il faut essayer de le faire se dénoncer lui même ou sinon le dénoncer ou faut-il vraiment laisser les élèves donner leur opinion ? J’ai peur des conclusions du type « s’il le dit c’est une balance ».

    • Votre question est très fréquemment soulevée par les enseignants qui veulent pratiquer le débat philo dans leur classe. Beaucoup craignent les dérapages, l’expression d’opinions qui n’iraient pas dans le sens de la morale adulte.
      Pour ma part je pense qu’il ne faut pas « orienter les réponses des enfants » dans le sens souhaité par l’enseignant. Ce serait le meilleur moyen de tuer l’authenticité du débat : les enfants sentent très bien ce qu’on attend d’eux et savent donner des réponses conventionnelles qui ne correspondent pas à leur pensée profonde. Or c’est cette pensée profonde que la réflexion philosophique doit permettre de mettre au jour, pour la mettre à l’épreuve et apprécier ce qu’elle vaut en la confrontant à celle des autres.
      Si donc certains élèves concluent que Jacques ne doit rien dire parce que « s’il le dit c’est une balance », je crois qu’il faut laisser ces réponses s’exprimer, mais demander aussitôt si tout le monde est d’accord. Ce serait bien étonnant qu’il n’y ait pas au moins quelques enfants qui pensent le contraire ! Votre rôle d’animatrice du débat n’est pas d’apprécier la valeur des réponses, mais de faire jaillir les contradictions, les désaccords, afin que les élèves prennent conscience que les choses ne sont pas aussi simples qu’ils le croyaient.
      Si l’opinion majoritaire d’une non-dénonciation s’impose sans contestation dans le groupe, vous pouvez proposer une autre situation. Par exemple, si Yves confie à son ami Jacques que son père le brutalise, lui inflige des traitements dégradants, le prive de nourriture, etc ., il serait étonnant que les élèves ne disent pas que Jacques doit dénoncer ces violences à la maîtresse ou aux gendarmes !
      Cette comparaison entre un cas où la dénonciation s’impose incontestablement (violences infligées à un enfant par ses parents) parce que ce qui est en jeu, c’est la santé et même la vie de la personne, et un autre cas (le vol) où la dénonciation est plus problématique, permet d’approfondir la réflexion. Certes, dans le cas du vol, il n’y a pas de violence physique ni de mise en danger de la vie d’autrui, mais n’y a-t-il pas quand même une autre sorte de violence ? une autre sorte de danger ? Ce sont là des questions qui devraient permettre de progresser dans la discussion et de dépasser la conclusion que vous redoutez (« S’il le dit c’est une balance »).
      Si vous menez ce débat dans votre classe, je serais très intéressé de savoir comment il s’est déroulé et à quelles conclusions il a abouti. Merci d’avance pour votre contribution à la réflexion commune !

  9. Bonjour,

    je suis actuellement étudiante stagiaire à l’ESPE de Créteil et je me prépare a écrire un mémoire a propos de laïcité et débats philosophique.
    Afin de mener a bien mes recherches j’ai besoin que des professionnels répondent a quelques une de mes questions quant a leur pratiques en classe et ses effets sur les élèves.
    Connaissez vous des groupes de paroles, réunions ou tout autre moyens de prendre contact avec des collègues mettant en place des débats dans leur classe ?
    Vous même prendriez vous le temps de répondre a mon questionnaire ?

    Merci beaucoup pour le partage de votre ouvrage qui participe a me guider dans ma réflexion.

    A bientôt,
    Pauline

    • Votre appel est sur le site : aux collègues intéressés de se manifester en répondant à votre demande !
      Pour ma part je répondrai volontiers à votre questionnaire. Il serait intéressant de le déposer sur le site pour que chacun puisse en prendre connaissance.

  10. Merci pour votre partage, j’ai commencé les débats avec mes cm1. C’est un moment vraiment extraordinaire, ils commencent à prendre en mains les débats. Ils en redemandent !

  11. Monsieur,

    D’abord merci pour ce lien qui m’a permis de comprendre les enjeux du débat philosophique à l’école. C’est important pour moi car je constitue mon dossier de concours en EMC et je suis vivement intéressée par la question du débat philo à l’école.
    J’aurais des questions à vous poser concernant le thème des droits de l’enfant. Je suis en train de monter une séance de débat à visée philosophique (séance que je vais tester dans ma classe) et plein de questions se posent à moi, notamment celle du support à privilégier en cycle 2 pour alimenter le débat. Puis-je avoir votre e-mail pour communiquer avec vous ?
    Dans l’attente d’une réponse, je vous salue bien cordialement,
    Louise

  12. Un très grand merci pour votre partage. Je me lance enfin non je me relance cette année après avoir lu Ateliers de philo à partir d’album de jeunesse d’E Chirouter. C’est dans son livre que j’ai trouvé le lien et je vais m’empresser de le lire, les thèmes m’intéressant beaucoup.
    Merci
    Laurence

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