Philosopher avec les enfants

Pourquoi faire de la philo avec les enfants ? Si vous souhaitez le savoir, cliquez sur       Les enfants sont philosophes

Il y a plusieurs façons de susciter et de mener une discussion philosophique avec des enfants. Pour éviter la monotonie génératrice d’ennui, il est indispensable de varier les démarches d’une séance à l’autre. Cela permet aussi d’aborder une question ou une notion sous des angles différents, souvent complémentaires.

Dans cette page, cinq manières différentes de faire une discussion philosophique sont exposées brièvement. A vous de les mettre en œuvre !

Si vous le souhaitez, vous pouvez poser des questions, apporter votre témoignage, partager vos expériences en écrivant dans la fenêtre « Commentaires » au bas de cette page.

1.- Le débat à partir d’une question

Il consiste à poser une question et à essayer d’y répondre collectivement.

Vous trouverez dans Pratiquer la philosophie à l’école ( téléchargeable ici:

http://philogalichet.fr/telechargez-gratuitement-pratiquer-la-philosophie-a-lecole/

quinze sujets possibles, avec toutes les indications pour les aborder et animer une discussion.

Dans la mallette pédagogique « Les petits débats – philo – les droits de l’enfant » , éditée chez Belin pour l’UNICEF :

http://www.editions-belin.com/ewb_pages/f/fiche-article-les-petits-debats-philo-5212.php

vous en trouverez dix autres :

  • Qu’est-ce qu’un enfant ?
  • L’enfant a-t-il des droits ?
  • Qu’est-ce qu’une famille ?
  • A quoi sert l’école ?
  • Qu’est-ce que grandir ?
  • Garçons et filles sont-ils égaux ?
  • Qu’est-ce que penser ?
  • Les adultes ont-ils toujours raison ?
  • Que signifie « être exploité » ?
  • Qui suis-je ?

Mais les enfants vous en proposeront bien plus ! Ce n’est que dans les premières séances que vous êtes contraint(e) de proposer un sujet. Ensuite, si tout va bien, ce sont les enfants qui prendront le relais. Il vaut toujours mieux partir d’une question posée par les enfants que d’une question proposée par l’adulte.

Vous trouverez en cliquant ci-dessous quelques conseils pour organiser et démarrer une discussion :

Des conseils pour se lancer

Vous trouverez ci-dessous  le script de deux débats pour vous exercer à l’animation :

Pour mieux animer un débat philo

Si vous avez déjà expérimenté ce type de débat ou si vous envisagez de le faire, vous pouvez déposer vos remarques, témoignages, réflexions, questions, demandes sur le forum correspondant ici

2.- Philosopher à partir d’un livre, d’un conte, d’un album

Après la lecture, on commence par échanger « à bâtons rompus » sur l’histoire qui vient d’être racontée. Le plus souvent, ce sont des questions de compréhension qui surgissent d’abord. Elles permettent de vérifier que les enfants ont bien compris l’histoire, de rectifier les erreurs, les contresens, de la situer dans son contexte.

Ensuite on se focalise sur une question précise : pourquoi le héros a-t-il fait cela ? Que ferais-je si j’étais à sa place , et pour quelles raisons ? Qui est le plus moral, le plus sage, le plus libre ?

Pour plus de précisions, on consultera avec profit l’ouvrage d’Edwige Chirouter, Aborder la philosophie à partir d’albums de jeunesse (Hachette Education) : il recense de nombreux livres ou albums en fonction du thème choisi, et donne des pistes très stimulantes pour développer la réflexion autour d’eux.

Vous trouverez ici un extrait de vidéo pour illustrer la démarche.

http://www.cvb-videp.be/cvb/fr/catalogue/film/id/106#film-video

Si vous souhaitez échanger sur ce type de débat à partir d’un conte, d’un album ou d’un livre, partager vos expériences, poser une question, demander un conseil ou une aide, vous pouvez le faire sur le forum ici. Je répondrai à toute intervention dans la mesure du possible.

3.- Débattre autour d’un dilemme moral

Il s’agit de présenter aux enfants une situation concrète qui débouche sur plusieurs possibilités. On leur demande laquelle ils choisiraient et pour quelles raisons.

Vous trouverez ici deux exemples de dilemme. A vous d’en trouver d’autres !

Deux exemples de dilemmes moraux

Si vous souhaitez échanger autour de cette pratique du débat ou faire part de vos expériences, réussites et difficultés, demande d’aide ou de conseils, rendez-vous ici.

4.- Philosopher à partir d’images (« photolangage »)

Une image (photo,  dessin, tableau) peut être un support stimulant pour réfléchir sur une notion. Elle permet de concrétiser celle-ci, d’en présenter différents aspects ou facettes avant de tenter de la comprendre dans sa globalité.

La démarche la plus appropriée consiste à présenter aux enfants plusieurs images. On leur demande de choisir celle qui leur semble le mieux exprimer la représentation qu’ils ont de la notion. On fait ensuite un tour de table où chacun expose son choix et le justifie.

Dans un second temps, une discussion générale cherche à cerner la cohérence ou les contradictions constatées, et à voir si on peut les dépasser.

Vous trouverez ci-dessous un exemple de cette démarche appliquée à la notion d’autorité. Elle est extraite de la mallette « Les petits débats philo – Les droits de l’enfant » (Belin-UNICEF) :

Définir l’autorité à partir d’images

Cette mallette est toujours disponible chez Belin. En cas de difficulté pour l’obtenir, indiquez à votre libraire son n° ISBN : 978-2-7011-4338-5

5.- Philosopher en écrivant

Depuis Platon, la philosophie est une discipline qui se présente à travers des œuvres écrites. Les activités orales (débats, cours, discussions dans des colloques… ou entre amis) sont secondes par rapport à cette forme majeure de l’écriture. Les Méditations de Descartes, L’Ethique de Spinoza, la Critique de la raison pure de Kant, la Phénoménologie de l’Esprit de Hegel, le Zarathoustra de Nietzsche, L’Etre et le Temps de Heidegger, constituent des moments incontournables de l’histoire de la philosophie.

C’est pourquoi il importe que très tôt les enfants prennent goût à écrire de la philosophie et non pas seulement à (en) parler. Pour cela, une démarche consiste à leur demander, avant d’entamer un débat, d’écrire, chacun pour soi, leur réponse à la question posée ou leur définition de la notion soumise à leur réflexion.

Ensuite, chacun lit son texte aux autres et on essaie, ici encore, de relever les points de convergence et de divergence.

Vous trouverez ci-dessous un exemple de cette démarche à propos de la notion de liberté. Trois textes rédigés par les enfants d’une classe de CM1 de la banlieue de Strasbourg, parmi vingt autres , vous montreront la diversité des points de vue que les enfants peuvent développer.

Un exemple d’écriture philosophique

Chaque enfant peut conserver ses textes dans un classeur. Il constituera ainsi un « cahier de philosophie » qui lui sera personnel. Il est évidemment hors de question de noter ou d’évaluer un tel cahier. Il est même souhaitable, pour l’adulte, de ne le consulter qu’avec l’accord de l’enfant.

Les parents ou enseignants qui ont tenté cette démarche ont constaté que bien souvent, au bout d’un certain temps, les enfants écrivent spontanément dans leur cahier, même sans sollicitation de l’adulte.

C’est là le meilleur signe de la réussite du « philosopher avec les enfants » et de l’importance de cette réflexion pour le développement de vos enfants ou de vos élèves.

Pour approfondir votre réflexion et vous informer des pratiques existantes, vous pouvez consulter utilement les sites suivants :

Si vous écrivez dans la fenêtre « Commentaires » ci-dessous vos témoignages, récits d’expérience, questions, vous permettrez à tous les visiteurs de cette page de les partager, et peut-être de vous faire partager les leurs en retour. Je commenterai toutes les interventions et contributions. Merci d’avance de votre participation !

 

 

 

 

 

 

 

 

4 réflexions au sujet de « Philosopher avec les enfants »

  1. Merci pour ce magnifique « article ». Je suis Cpe dans un College rural, avec une auteure jeunesse nous avons lancé un atelier philo avec des élèves de 5ème. Nous sommes partis d’un projet rectoral « illustrons la charte de la laïcité ». 1h/semaine à discuter (à apprendre à discuter: s’écouter, prise de parole, construire sa pensée et ses arguments…). l’objet cahier s’est imposé à nous car les élèves en ont eu besoin. Cahier philo: c’est extraordinaire ce que les enfants sont capables de faire, de construire, de penser… Une expérience incroyable pour nous adulte.
    Chaque semaine nous changeons de support (fable, textes, journaux, vidéos, chansons…).
    Cependant, c’est souvent bien difficile car au quotidien les élèves ne sont pas sollicités de la sorte, le savoir étant descendant et peu réfléchi ou construit avec eux. Leur demander de faire autrement n’est pas chose aisée! Mais le challenge en vaut la peine!!!

    • Je suis heureux que vous confirmiez l’intérêt du « cahier de philosophie ». Vous dites : « Les élèves en ont eu besoin ». Pouvez-vous préciser pourquoi et comment est né ce besoin? Et « l’objet cahier » est-il un objet purement individuel, où chaque élève consigne ses pensées – ou bien les élèves s’échangent-ils ou se communiquent-ils leurs cahiers?
      Vous avez raison de souligner que la pratique du débat philo va un peu à contre courant des pratiques d’enseignement traditionnelles. Avez-vous pu associer des enseignants à la démarche ? D’après mon expérience, les professeurs de français sont souvent intéressés par la démarche philosophique, qui permet d’enrichir et d’étoffer l’approche littéraire.

  2. Je vous remercie vivement pour le partage de votre ouvrage. Je me suis
    lancée cette année dans les « débats philo » avec ma classe de CP-CE1. Je suis
    d’accord avec la difficulté évoquée : les élèves n’ont pas beaucoup
    l’habitude de réfléchir mais au bout de quelques semaines, on voit les
    évolutions et les bénéfices. Je trouve cette pratique extrêmement
    intéressante et compte bien continuer à la mettre en pratique. C’est là tout
    l’intérêt du document que vous nous proposez pour faire évoluer nos
    pratiques !
    J’ai de plus le sentiment d’être bien seule à pratiquer ces débats, alors je
    suis très volontaire pour partager ces pratiques !

    • Je comprends votre souhait de pouvoir échanger avec d’autres
      enseignants pratiquant comme vous le débat philo.
      Je suis en contact avec plusieurs groupes de professeurs d’école qui se réunissent régulièrement pour en parler, dans diverses régions. Pouvez-vous me dire dans quel département vous exercez ? S’il y a près de chez vous un groupe dont je puisse vous donner les coordonnées, je le ferai volontiers.
      Sinon, vous avez toujours la possibilité de déposer sur cette page vos réflexions, questions, souhaits et difficultés sur ce sujet. J’essaierai d’y répondre, comme je l’ai déjà fait, et surtout j’espère que d’autres pourront participer à ces échanges !

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